À l’heure où la logistique doit concilier performance, transition écologique et adaptation aux mutations économiques, les dynamiques territoriales s’imposent comme un levier stratégique. Dans l’Eure, les acteurs de la supply chain peuvent s’appuyer sur un écosystème dense et un positionnement clé au cœur de l’axe Seine.
Nouveau Président du Club Logistique de l’Eure, Bertrand Neveux entend capitaliser sur ces atouts tout en renforçant le rôle collectif pour répondre aux défis du terrain.
#RÉSEAU
Vous prenez la présidence du Club Logistique de l’Eure, qu’est-ce qui vous motive dans cet engagement ?
Ce qui me motive, c’est d’abord une conviction forte : dans un contexte de plus en plus exigeant, aucun acteur ne peut avancer seul face aux enjeux de nos filières transport et logistique. Entre les difficultés de recrutement, les exigences environnementales ou encore la pression sur les coûts, nous faisons tous face à des tensions croissantes dans nos structures.
Mon engagement s’inscrit aussi dans la continuité de mon implication au sein de Logistique Seine Normandie et du Club Logistique de l’Eure, dont VNF que je représente, est un acteur historique. J’ai pu constater, sur la durée, la valeur réelle des échanges entre professionnels et leur impact sur les pratiques.
Je tiens également à saluer le travail de mon prédécesseur, Julien Mahieu, qui a assuré la présidence pendant dix ans, et su structurer et faire vivre une dynamique collective solide. C’est sur cette base que nous devons continuer à construire.
Le club doit rester un espace pour se rencontrer, partager et confronter nos réalités de terrain. Mais il doit aussi aller plus loin : ce n’est pas seulement un lieu d’échange, c’est un outil pour progresser ensemble, y compris en partageant les difficultés autant que les réussites.
L’Eure dispose d’un positionnement stratégique. Comment transformer cet atout en véritable levier de compétitivité ?
Au cœur de l’axe Seine, entre les grands bassins de consommation et les ports normands, l’Eure bénéficie d’un positionnement naturel fort. C’est un avantage indéniable.
Mais une situation géographique ne suffit pas. La vraie question, c’est la capacité à la transformer en avantage opérationnel. Aujourd’hui, cela passe par des sujets très concrets : la lisibilité de l’offre foncière, la fluidité des projets d’implantation, et la capacité à répondre rapidement aux besoins des entreprises.
Autrement dit, il faut rendre ce positionnement plus lisible, plus accessible et plus efficace pour les acteurs économiques. Notre rôle est aussi de sensibiliser les décideurs publics à ces problématiques afin de construire une vision partagée et d’avancer ensemble sur ces sujets.
Nous avons un potentiel réel. Le défi est de mieux le structurer pour renforcer encore l’attractivité de notre territoire.
Quels sont les enjeux prioritaires aujourd’hui pour la logistique ?
Quatre priorités me semblent s’imposer.
La première, celle des ressources humaines et de l’attractivité des métiers. Sans compétences disponibles et formées, la performance logistique d’un territoire ne peut être durable.
La deuxième, c’est la transition écologique. Elle est incontournable, mais elle doit être abordée de manière pragmatique, en s’appuyant sur des solutions testées et sur le partage d’expériences.
La troisième, c’est la coordination entre les acteurs publics et privés. Trop souvent, chacun avance avec ses propres contraintes. L’objectif, c’est de mieux se synchroniser pour gagner en efficacité collective.
Viennent ensuite les problématiques liées au foncier : comment développer nos activités si nous ne disposons pas de terrains propices à de nouvelles installations ? Cette question rejoint d’ailleurs celle de la coordination entre acteurs : sans un dialogue constructif avec les collectivités locales, il est difficile de créer les conditions nécessaires au développement de nouvelles implantations.
Quel rôle doit jouer le Club Logistique de l’Eure face à ces défis ?
Le club a un rôle très opérationnel à jouer dans l’écosystème local.
Il doit d’abord permettre aux acteurs de mieux partager leurs pratiques : en confrontant les méthodes, en valorisant les retours d’expérience, et en capitalisant sur des solutions déjà éprouvées pour éviter de repartir de zéro.
Il constitue également un espace de mise en relation qualifiée, où les échanges peuvent déboucher sur des coopérations concrètes entre entreprises.
Enfin, il joue un rôle structurant : faire remonter les réalités du terrain, les organiser, et les partager à une échelle collective afin d’éclairer les décisions et actions à l’échelle locale et régionale.
Quelles ambitions souhaitez-vous porter pour le Club dans les mois à venir ?
L’ambition est simple : renforcer une dynamique collective à la fois visible et utile.
Cela passe par l’animation du réseau, mais surtout par la qualité des formats proposés : visites de sites, retours d’expérience, échanges entre pairs. Des formats concrets, ancrés dans les réalités opérationnelles et permettant de s’ouvrir en découvrant d’autres secteurs d’activité et d’autres environnements que le rythme quotidien nous laisse rarement le temps d’explorer.
À terme, un club réussi, c’est un club qui ne se limite pas à créer du lien, mais qui permet d’avancer ensemble. Un lieu où les échanges débouchent sur des coopérations, des opportunités, et des projets au service de nos entreprises et de notre territoire.


