L’acceptabilité sociale des activités logistiques… 3 questions à Pierrick Marand, Chargé d’études

Les activités logistiques engendrent nécessairement des externalités positives et négatives. Ces impacts territoriaux, qui peuvent être autant d’un niveau local que global, sont susceptibles de favoriser l’apparition d’une opposition en fonction de leur ampleur et/ou de leur visibilité.
C’est sur ces questions centrales que porte le mémoire du Master de 
Pierrick Marand, Chargé d’études au sein de Logistique Seine Normandie. Rencontre…

 

  • Pour commencer, quel est ton parcours ?

 

Après une licence d’économie-gestion à l’Université de Rouen, j’ai décidé de rejoindre le Master d’Urbanisme et d’Aménagement URBANITE de l’Université du Havre qui traite de manière pluridisciplinaire des questions et enjeux liés aux territoires. L’objectif était de découvrir un domaine – l’urbanisme – qui ne m’était pas encore familier mais aussi de m’inscrire dans une branche professionnelle au service de l’intérêt général et dans laquelle je pourrais avoir un impact en répondant aux enjeux qui me tiennent à cœur, avec, en premier lieu, les nécessaires transitions et adaptations écologiques que nous avons à mener.

J’ai réellement découvert le secteur logistique lors de ma seconde année de Master réalisée en alternance au sein de Logistique Seine Normandie. Les travaux menés dans le cadre de l’Observatoire Logistique et du Schéma de Cohérence Logistique Régional m’ont permis de passer au concret et de m’imprégner des enjeux et dynamiques propres du secteur, avec des sujets d’étude complexe particulièrement intéressants et vecteurs d’impacts sur notre société.

Le choix de rester chez Logistique Seine Normandie s’est ensuite fait naturellement, dans la continuité des missions jusqu’alors menées en alternance et par la découverte progressive de nouveaux projets et enjeux liés aux activités logistiques.

 

  • Ton mémoire porte sur « L’acceptabilité sociale des activités logistiques », pourquoi cette thématique ?

 

C’est un sujet d’actualité dont les enjeux sont particulièrement importants puisqu’il peut remettre en cause le bon développement et les adaptations nécessaires portées par les dynamiques mondiales de consommation et de production en réduisant les chances de réussite des projets logistiques.

Le projet Amazon à Petit-Couronne a attiré mon attention et mon intérêt s’est vite porté sur les raisons qui ont poussé à son abandon. Mon objectif était alors, grâce à l’établissement d’un référentiel théorique que forme le concept d’acceptabilité sociale, de pouvoir analyser l’historique du projet et identifier les éléments qui ont initié son échec. J’ai ensuite pu en tirer des conclusions générales sur les facteurs qui impactent les projets logistiques en matière d’acceptation sociale pour proposer un certain nombre de préconisations, pistes de réflexion et/ou solutions pour faire face au problème.

 

  • Et en résumé, quels sont les enseignements / conclusions que tu tires de ce travail ?

 

Des oppositions croissantes 

Les projets logistiques, comme la plupart des projets d’activités économiques, font face à des oppositions croissantes de diverses formes qui ne sont pas également prises en considération au sein des projets.

Il existe des oppositions « NIMBY » (« Not In My Backyard ») qui sont portées localement par des riverains directement touchés par des impacts locaux réels ou supposés. Ces préoccupations sont bien souvent prises en compte par les porteurs de projets qui mettent en place de nombreuses actions généralement regroupées au sein des mesures ERC (Éviter – Réduire – Compenser). Il s’agit concrètement de réduire l’impact du site sur la congestion des voies avoisinantes, de réduire les nuisances sonores, l’impact paysager du bâti et/ou l’impact de l’activité sur la pollution de l’air.

Il y a aussi une opposition, cette fois-ci plus idéologique, qui a vu le jour depuis plusieurs décennies avec la remise en cause croissante de notre modèle économique et de société. Ces oppositions visent à remettre en cause non plus seulement un projet en particulier mais l’ensemble des activités logistiques jusqu’à leur existence même puisqu’elles font partie du « système mondialisé capitaliste » dénoncé.

Des solutions adaptées

L’objectif du mémoire était de s’intéresser plus particulièrement à cette seconde forme d’opposition et de proposer des solutions. J’en ai proposé trois :

  • L’adaptation des projets aux préoccupations environnementales et sociétales non plus seulement uniquement sur le site mais aussi sur l’organisation logistique générale dans laquelle ils s’inscrivent en développant les moyens de transports alternatifs au routier par exemple. Beaucoup de projets s’inscrivent déjà dans cette ligne ;
  • L’acculturation des populations aux activités et enjeux logistiques pour faire comprendre au grand public les nécessaires évolutions du secteur et faire plus facilement accepter les différentes externalités négatives ;
  • La mise en place d’instances de concertation dans les projets logistiques et industriels pour instaurer un espace de dialogue et permettre aux porteurs de projet de bénéficier d’un meilleur contrôle sur l’opinion.

 

  • Pour en savoir plus, découvrez les supports associés à ces travaux : 

 

 

 

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